Le passé minier et métallurgique de Sare

Quand Sare vivait au rythme des forges et des mines

Si l’agriculture et le pastoralisme façonnent depuis des siècles l’identité de Sare et demeurent encore aujourd’hui des piliers de son économie locale, le village a connu d’autres activités, aujourd’hui tombées dans l’oubli. Derrière ses paysages paisibles se cache en effet un passé industriel méconnu.

Le temps des forges

Au début du XIXᵉ siècle, l’abbé saratar Dominique Lahetjuzan écrivait :

« Il y a sur le territoire de Sare une trentaine de minières de fer, petites ou grandes. Il y a près de cent ans qu'on les a abandonnées, soit qu'elles étaient peu abondantes, soit qu'on ait détruit la forge par manque de charbon. »

Ces propos témoignent d’une activité métallurgique ancienne et relativement importante. Les fonderies étaient situées au sud-est du village, en contrebas de la chapelle Sainte-Catherine. Si les bâtiments ont disparu, leur souvenir subsiste dans la toponymie locale.

Des noms comme Olhaldea (« du côté de la forge »), Olhachumia (« la petite forge ») ou encore Olabidea (« le chemin de la forge ») rappellent l’emplacement de ces anciennes installations. La mémoire du fer s’est ainsi inscrite durablement dans le paysage et dans la langue.

Les archives gasconnes attestent par ailleurs l’acquisition de la ferrerie de Sare en 1527, ce qui laisse supposer une activité dès la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Bien après l’abandon des minières, le travail du métal se poursuit : entre 1770 et 1890, pas moins de 18 forgerons et ferblantiers sont recensés dans les registres.

Le ferblantier, artisan aujourd’hui disparu, fabriquait et vendait des objets en fer-blanc : casseroles, bassines, assiettes ou encore lanternes. Autant d’objets du quotidien qui témoignent d’un savoir-faire local bien ancré.

Houillères d’Ibanteli à Sare

L’aventure des mines d’anthracite

Le XIXᵉ siècle marque une nouvelle tentative d’exploitation des ressources du sous-sol saratar : la prospection d’anthracite. Le site, connu sous le nom de Houillères d’Ibanteli ou mines de Sare, comprenait plusieurs infrastructures ambitieuses pour l’époque.

Aujourd’hui, il subsiste principalement les murs des trémies. À l’époque, elles étaient reliées aux différents sites d’extraction par un câble aérien de 300 mètres ainsi qu’une voie de roulage de 900 mètres équipée de rails Decauville.

En avril 1918, l’exploitation est encore en activité. Pourtant, les résultats restent modestes. En 1930, après plusieurs années de travaux, seulement 245 tonnes de combustible schisteux sont extraites, dont 189 tonnes d’anthracite. Sur cette production, 41 tonnes sont vendues à 90 francs la tonne et 15 tonnes distribuées gratuitement à titre d’échantillons.

En septembre 1931, l’exploitation est définitivement abandonnée sur l’ensemble du bassin houiller de Sare. Quelques années plus tard, en 1940, la société Maningue & Personnaz rachète le stock restant pour alimenter certaines chaudières bayonnaises.

Georges Vié rapporte d’ailleurs :

« En dehors des cendres à évacuer chaque matin, le feu tenait sans difficulté toute la nuit sans rechargement. »

Une qualité qui n’aura pourtant pas suffi à pérenniser l’exploitation.

Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges discrets et des noms de lieux pour rappeler que Sare ne fut pas seulement un village d’agriculteurs et de bergers, mais aussi une terre de forges et de mines. Un pan méconnu de son histoire, qui mérite d’être redécouvert.

Houillères d’Ibanteli à Sare

Bibliographie :
Éric Dupré & Christian Saint-Arroman, Sare, Ekaina, 1993.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.