Le chaland de l’Adour, un bateau de pêche unique

Chaland sur l'Adour à Urt  et à Bayonne- circa 1900

Le chaland servait exclusivement à la pêche au saumon et à l’alose, pratiquée à la senne. Trois hommes prenaient place à bord : l’un, installé au centre, s’occupait du filet ; un autre, assis à l’avant, maniait un aviron depuis l’un des bancs de nage ; le dernier, debout à l’arrière, dirigeait l’embarcation avec un second aviron.

Embarcation typiquement basque, le chaland n’était connu que dans une zone restreinte : une vingtaine de kilomètres en amont de l’embouchure de l’Adour. Sa construction originale est directement liée à ses origines. Attesté dès le Moyen Âge dans la région de Bayonne, le chaland était à l’origine un petit bateau monoxyle, entièrement taillé dans un tronc de chêne évidé. Mais, à partir du XVIIIᵉ siècle, les arbres de taille suffisante se raréfièrent. Les charpentiers de marine adaptèrent alors leur savoir-faire : seules les extrémités restaient sculptées dans le bois massif, tandis que la partie centrale était réalisée en planches.

Cette technique particulière, consistant à assembler trois parties distinctes (avant, arrière et centre), devint une spécificité de l’architecture navale de l’Adour. Les planches latérales, strictement identiques, étaient reliées à la proue et à la poupe par une série de coupes complexes appelées « en Y » ou « traits de Jupiter », dont le dessin variait selon chaque bateau. Pour assurer l’étanchéité, les interstices entre les planches étaient soigneusement calfatés à l’aide d’étoupe enduite de goudron — un procédé encore visible aujourd’hui sur l’exemplaire du Roi de Jour.

Ce savoir-faire a perduré jusqu’aux années 1970. À cette époque, les deux derniers chalands encore en activité naviguaient entre Urt et Bayonne, avant de disparaître définitivement de l’Adour.

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