La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port

La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port, sentinelle des Pyrénées

Perchée sur la colline de Mendiguren, dominant la vallée de la Nive et la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port - Donibane-Garazi, la citadelle constitue l’un des ensembles fortifiés les plus remarquables du Pays basque intérieur. Visible de loin, elle rappelle le rôle stratégique majeur de cette cité frontalière, carrefour commercial, militaire et spirituel depuis le Moyen Âge.

Une position stratégique exceptionnelle

La colline de Mendiguren culmine à près de 80 mètres au-dessus de la ville. Depuis ce promontoire naturel, la citadelle contrôle les Ports de Cize, passage obligé entre la France et l’Espagne, longtemps emprunté par les marchands, les armées… et les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette position dominante explique l’implantation très ancienne d’un système défensif à cet endroit.

Avant la citadelle actuelle, le site abritait déjà un château des rois de Navarre, attestant de l’importance politique et militaire du lieu dès le Moyen Âge.

La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port

La construction d’une forteresse moderne

La citadelle que l’on connaît aujourd’hui est construite entre 1625 et 1627, sous le règne de Louis XIII, dans un contexte de tensions permanentes avec l’Espagne. Elle s’inscrit pleinement dans l’évolution de l’art militaire de l’époque moderne, marqué par l’apparition de l’artillerie.

Son architecture adopte le système bastionné : remparts épais, bastions angulaires, fossés secs et ouvrages avancés, conçus pour résister aux tirs de canons et offrir des angles de défense croisés. La forteresse sera renforcée dans les décennies suivantes, notamment après l’inspection de Sébastien Le Prestre de Vauban en 1685. Sans bouleverser l’ensemble, Vauban en améliore certains dispositifs défensifs et l’organisation militaire.

La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port

Une citadelle et sa ville

Contrairement à certaines forteresses isolées, la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port fait corps avec la ville. En contrebas, les remparts médiévaux, les portes fortifiées – dont la célèbre Porte Saint-Jacques – et les ruelles de la cité témoignent d’un urbanisme façonné par la défense et le passage.

La citadelle assurait non seulement la protection de la frontière, mais aussi le contrôle de la population et des flux commerciaux, rappelant que l’architecture militaire était aussi un outil de pouvoir.

La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port

De la place forte au patrimoine vivant

Classée Monument historique en 1963, la citadelle est aujourd’hui toujours en activité : elle abrite un collège, ce qui limite l’accès à l’intérieur de l’enceinte. Néanmoins, ses remparts extérieurs restent visibles et la montée jusqu’au site offre l’un des plus beaux panoramas sur Saint-Jean-Pied-de-Port, la campagne basque et les premières crêtes pyrénéennes.

En été, des visites guidées ponctuelles permettent de mieux comprendre l’histoire du lieu et son rôle dans la défense du royaume.

Une sentinelle de pierre chargée d’histoire

À la fois forteresse frontalière, héritière des rois de Navarre et témoin de l’ingénierie militaire moderne, la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port demeure une pièce maîtresse du patrimoine de Basse Navarre. Elle rappelle combien ce territoire, aujourd’hui paisible, fut longtemps une zone stratégique majeure, où se jouaient des équilibres politiques européens.

Bibliographie succincte

  • Collectif, Saint-Jean-Pied-de-Port, histoire et patrimoine, Office de tourisme de Saint-Jean-Pied-de-Port.

  • Nicolas Faucherre, Vauban et les fortifications du royaume, Éditions du Patrimoine.

  • Michel Duvert, Fortifications et villes fortes du Pays basque, Cairn Éditions.

  • Base Mérimée, Ministère de la Culture – Notice sur la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.

La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.