Les gravures mystérieuses d’Ibardin

Les gravures mystérieuses d’Ibardin : entre énigme, sauvetage et patrimoine oublié

Entre le col d’Ibardin et le lac Xoldokogaina, la montagne basque révèle parfois des trésors inattendus. Parmi eux, un ensemble de sculptures rupestres représentant un ours debout, un cerf et une colombe : un bestiaire aussi étonnant que rare, dont l’origine demeure enveloppée de mystère.

Les gravures mystérieuses d’Ibardin

Un ours, un cerf et une colombe : un trio improbable

Les sculptures prennent place sur de larges dalles de grès rosé.
On y distingue :

  • Un ours debout, représenté sur toute la hauteur de la pierre, au tracé expressif et surprenamment net.

  • Un cerf, aux lignes élancées.

  • Une colombe, figure plus inhabituelle encore dans l’art rupestre du secteur.

Ce trio forme un ensemble singulier, d’une simplicité touchante mais riche en symboles.
Pourquoi ces animaux ? Pourquoi ensemble ? Les réponses restent à trouver.

Les gravures mystérieuses d’Ibardin

Sculptures dynamitées puis redécouvertes

L’histoire de ces blocs est mouvementée.

À l’origine, ils se trouvaient en hauteur, de l’autre côté du chemin actuel.
Lors des travaux d’aménagement de la piste forestière dans les années 1960, les pierres auraient été dynamitées, puis repoussées au bulldozer dans un talus en contrebas, comme cela se faisait couramment à l’époque.

Ce n’est que beaucoup plus tard qu’un technicien de l’ONF a redécouvert les sculptures, encore bien lisibles malgré les chocs et les décennies passées sous les gravats.

Alertée par des passionnés de patrimoine, la Ville d’Urrugne a ensuite procédé à un sauvetage : les blocs ont été dégagés, déplacés à l’aide d’une pelle mécanique, et mis en valeur au bord de la piste, dans un espace où les randonneurs peuvent aujourd’hui les observer.

Une énigme archéologique toujours ouverte

Aucune datation certaine n’a pu être établie.

  • Certains spécialistes consultés ont jugé que les gravures ne seraient pas assez anciennes pour entrer dans un cadre archéologique strict.

  • D’autres observations suggèrent toutefois une ancienneté notable, notamment en raison des lichens et de l’usure naturelle des surfaces.

Aucune période précise ne peut être affirmée.
Ces œuvres pourraient appartenir aussi bien à la protohistoire tardive qu’à une période plus récente, voire moderne. Le style figuratif, lisible mais naïf, ne correspond à aucun corpus clairement identifié.

Les gravures mystérieuses d’Ibardin

Un site situé au cœur d’un paysage archéologique exceptionnel

Le massif d’Ibardin est reconnu pour sa concentration de tumulus, cromlechs et vestiges protohistoriques.
Le secteur d’Urrugne abrite également d’autres gravures rupestres officielles, notamment autour d’Oneaga, montrant que la montagne a longtemps été un lieu d’occupation, de circulation et de rites.

Les sculptures animales découvertes récemment viennent donc enrichir un ensemble patrimonial déjà dense, même si elles restent en marge des classifications traditionnelles.

Passionnés, recherches et prudence

Autour d’Ibardin et dans tout le Pays basque, des passionnés documentent régulièrement des pierres gravées ou aux formes étonnantes.
Le débat oppose parfois :

  • ceux qui y voient des œuvres anciennes ou symboliques,

  • et ceux qui privilégient des interprétations naturelles ou géologiques (géofacts), parfois renforcées par la paréidolie.

Les sculptures d’Ibardin, nettement figuratives, s’inscrivent dans un cas intermédiaire : trop précises pour être naturelles, mais trop isolées pour être intégrées sans réserve à un corpus officiel.

Un patrimoine modeste mais précieux

Qu’importe leur âge exact : ces gravures témoignent d’un geste humain, inscrit dans la montagne.
Elles racontent :

  • un rapport sensible aux animaux,

  • une histoire locale oubliée,

  • et la trace d’une intention artistique ou symbolique aujourd’hui perdue.

Leur sauvetage et leur mise en valeur participent pleinement à la préservation de ce patrimoine discret, celui qui ne se voit qu’à hauteur de marche et qui façonne l’âme du paysage.

À découvrir en randonnée

Les dalles sculptées sont aujourd’hui visibles au bord de la piste forestière reliant le col au lac.
Elles ne sont pas indiquées par une signalisation officielle, mais un œil attentif permet de reconnaître :

  • l’ours debout,

  • le cerf,

  • la colombe,

  • et les traces du dynamitage qui ont marqué les blocs.

Un arrêt suffit pour saisir la fragilité et la force de ces pierres gravées.

Les gravures d’Ibardin ne livrent pas encore leurs secrets. Mais elles s’imposent déjà comme un élément fascinant du patrimoine basque :
une rencontre entre histoire, mystère et paysage, où chaque marcheur devient un peu enquêteur.

Les gravures mystérieuses d’Ibardin

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.