La Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne : huit siècles d’histoire et de pierre
Dominant les toits du Petit-Bayonne avec ses deux flèches élancées, la cathédrale Sainte-Marie est l’un des symboles majeurs de la ville et un joyau du patrimoine du Pays basque. Classée Monument historique et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle raconte à elle seule plus de 800 ans d’histoire, de spiritualité et d’art.
Aux origines : une cathédrale romane disparue
Avant l’édifice gothique que nous connaissons aujourd’hui, une première cathédrale romane se dressait déjà sur ce promontoire, probablement dès le XIIᵉ siècle. Bayonne, alors siège épiscopal, possédait déjà une église d’importance, mais plusieurs incendies ravagèrent la ville et l’édifice, notamment celui de 1258, qui détruisit une grande partie du chœur.
Cet événement fut déterminant : au lieu de reconstruire à l’identique, les chanoines voulurent un édifice moderne et ambitieux, digne des grandes cathédrales du royaume.
Incendie de la cathédrale romane de Bayonne en 1258
La naissance d’un chef-d’œuvre gothique
La reconstruction débute dans la première moitié du XIIIᵉ siècle et adopte le style gothique rayonnant, alors en plein essor dans le nord de la France. Le chantier commence par le chevet : abside, chapelles rayonnantes et déambulatoire. Les historiens reconnaissent l’influence champenoise dans la conception de ces espaces lumineux, aérés et finement sculptés.
Au XIVᵉ siècle, grâce notamment à l’appui financier de personnalités comme le cardinal Guillaume Godin, originaire de Bayonne, les travaux avancent vers la nef. Malgré les difficultés politiques et économiques, l’essentiel du gros œuvre est achevé au début du XVIᵉ siècle.
La reconstruction de la cathédrale de Bayonne débute dans la première moitié du XIIIᵉ siècle et adopte le style gothique rayonnant,
Un cloître parmi les plus remarquables de France
Accolé au sud de la cathédrale se trouve l’un des plus beaux trésors du site : le cloître, construit entre les XIVᵉ et XVIᵉ siècles.
C’est l’un des plus vastes cloîtres gothiques de France, et sans doute l’un des plus élégants. Lieu de vie communautaire du chapitre, espace de sépulture et de méditation, il conserve encore ses arcades finement sculptées et ses galeries harmonieuses. Il fut restauré et partiellement remanié au XIXᵉ siècle.
De la Révolution aux restaurations du XIXᵉ siècle
Comme beaucoup d’édifices religieux, la cathédrale souffre pendant la Révolution française. Désacralisée, elle sert de dépôt et de magasin. Rendue au culte au début du XIXᵉ siècle, elle est alors dans un état préoccupant.
Commence alors une vaste campagne de restauration, confiée successivement aux architectes Hippolyte Guichenné, Hippolyte Durand, puis surtout Émile Boeswillwald, élève de Viollet-le-Duc. Entre 1851 et le début du XXᵉ siècle, Boeswillwald redonne à l’édifice sa cohérence gothique… et lui offre ce qui fera sa silhouette définitive : deux tours occidentales surmontées de flèches néogothiques culminant à près de 85 mètres.
Sur cette photographie datant de 1863, réalisée par Léon Bertrand — considéré comme le premier « peintre-photographe » exerçant à Bayonne — on découvre la cathédrale Sainte-Marie avant l’édification de ses flèches par l’architecte Émile Boeswillwald.
Un patrimoine vivant sur les chemins de Compostelle
Sainte-Marie de Bayonne n’est pas qu’un monument du passé.
Elle reste un lieu de culte actif, de musique sacrée, de visites et d’événements culturels. Surtout, elle constitue une étape importante pour les pèlerins empruntant la voie de la côte vers Saint-Jacques-de-Compostelle, raison pour laquelle elle a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998.
Secrets d’architecture et détails à observer
Lors d’une visite, prenez le temps d’observer :
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Les vitraux du XIXᵉ siècle, qui baignent la nef d’une lumière colorée.
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Les clefs de voûte du chœur, qui portent encore des symboles datant de la domination anglaise sur Bayonne (XIIIᵉ–XIVᵉ siècles).
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Les contrastes de pierre : ocre pour les plus anciennes parties gothiques (pierre de Mousserolles), blanche pour les restaurations et ajouts (pierre de Bidache).
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Le calme du cloître, véritable havre de paix au cœur de la ville.
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