Le Labourd : un territoire au cœur de l’histoire basque
Le Labourd (en basque Lapurdi, en occitan Labord) est l’un des sept territoires historiques du Pays basque (Zazpiak Bat – « les sept en un »). Il doit son nom à l’ancienne ville romaine de Lapurdum, devenue Bayonne, qui en fut longtemps le centre.
Des origines à l’époque féodale
D’abord rattaché au royaume de Navarre, puis au duché de Gascogne, le Labourd devient une vicomté au XIᵉ siècle. Au fil des siècles, son destin bascule au gré des alliances : il passe sous influence aquitaine, puis anglaise après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt. Richard Cœur de Lion puis Jean sans Terre marqueront cette période, Bayonne devenant un port stratégique et prospère.
La Nive et Bayonne
Bayonne et Ustaritz : deux capitales pour un même pays
Bayonne, port de commerce tourné vers l’Atlantique et la Navarre, attire les marchands basques et gascons. Mais dès le XIIᵉ siècle, la ville est administrativement détachée du Labourd. La véritable capitale politique devient alors Ustaritz, où se tient le biltzar, assemblée des représentants des communes labourdines. Cette institution originale, à la fois démocratique et locale, perdurera jusqu’à la Révolution française.
La Nive et Ustaritz
Un territoire façonné par la mer
Avec ses ports de l’ancien Biarritz aux actifs de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure et ses débouchés naturels sur la Nive, la Nivelle et la Bidassoa, le Labourd a toujours vécu au rythme de l’océan. Sa géographie reflète cette vocation maritime, partagée entre pêche, commerce et défense du littoral.
Le port de Saint-Jean-de-Luz - Ciboure
La Révolution et la fin d’une identité politique
Dans la nuit du 4 août 1789, la Révolution abolit les privilèges et avec eux les structures propres aux provinces basques. Le biltzar est supprimé, et le Labourd est intégré, avec la Soule et la Basse-Navarre, au nouveau département des Basses Pyrénées de nos jours les Pyrénées-Atlantiques.
Son identité culturelle et historique, elle, reste bien vivante : le Labourd demeure aujourd’hui l’un des piliers du Pays basque.
Côte du Labourd (Lapurdi Itsasertzea)
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Anglet – Angelu
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Bayonne – Baiona
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Biarritz – Miarritze
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Boucau – Bokale
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Bidart – Bidarte
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Guéthary – Getaria
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Saint-Jean-de-Luz – Donibane Lohizune
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Ciboure – Ziburu
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Hendaye – Hendaia
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Urrugne – Urruña
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Ascain – Azkaine
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Biriatou – Biriatu
Haut Labourd (Lapurdi Garaia)
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Espelette – Ezpeleta
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Itxassou – Itsasu
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Ainhoa – Ainhoa
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Sare – Sara
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Souraïde – Zuraide
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Cambo-les-Bains – Kanbo
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Louhossoa – Luhuso
Labourd central (Lapurdi Erdialdea)
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Ustaritz – Uztaritze
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Saint-Pée-sur-Nivelle – Senpere
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Arbonne – Arbona
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Arcangues – Arrangoitze
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Ahetze – Ahetze
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Bassussarry – Basusarri
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Halsou – Haltsu
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Larressore – Larresoro
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Jatxou – Jatsu
Labourd oriental (Lapurdi Ekialdea)
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Hasparren – Hazparne
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Macaye – Makea
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Mendionde – Mendiñoze
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Bonloc – Lekuine
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Briscous – Beskoitze
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Guiche – Gixune
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Urt – Urt
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Bardos – Bardoze
Bas-Labourd (Lapurdi Beherea)
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Villefranque – Milafranga
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Saint-Pierre-d’Irube – Hiriburu
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Lahonce – Luhuso
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Mouguerre – Mugerre
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Urcuit – Urketa
Les armes du Labourd se blasonnent ainsi : Parti : au premier, d'or au lion de gueules rampant tenant en sa dextre un dard de harpon du même, posé en barre, la pointe en haut ; au second, d'azur à la fleur de lys d'or
Bibliographie
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Jean-Baptiste Orpustan, Histoire du Labourd, Éditions Izpegi, Baigorri, 1996.
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Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays Basque, Tome II, Elkar, Donostia, 1998.
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Eugène Goyheneche, Le Pays basque : Soule, Labourd, Basse-Navarre, Société Nouvelle d’Éditions Régionales et de Diffusion, Pau, 1979.
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Pierre Laborde, Les Institutions du Labourd sous l’Ancien Régime, Fédération historique du Sud-Ouest, 1981.
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Michel Duvert, Le Labourd : identité et organisation d’une province basque, Atlantica, Biarritz, 2004.
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Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Fonds relatifs au Biltzar du Labourd.
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