Le dolmen de Bardaxilo en Navarre

Le Dolmen de Bardaxilo (Baztán, Navarre) : un témoin discret du Néolithique

Découvert en 1972 à 915 m d’altitude, sur les pentes d’Akomendi dans les montagnes du Baztán, le dolmen de Bardaxilo — Bardaxilo trikuharria en basque — fait partie de la vaste station mégalithique de Gorramendi, l’un des ensembles préhistoriques majeurs des Pyrénées occidentales. Blotti dans un paysage de crêtes et de pâturages, ce monument funéraire du Néolithique illustre la présence des premières communautés agro-pastorales de la région.

Un monument du Néolithique bien structuré

Construit principalement en grès, le dolmen se composait à l’origine d’un tumulus circulaire d’environ 7 mètres de diamètre. Ce tertre recouvrait une chambre funéraire soigneusement délimitée par six grandes dalles verticales, qui forment encore aujourd’hui les parois internes du monument.

La chambre, de plan rectangulaire, mesure 1,30 m de hauteur, 2,70 m de longueur et 1,50 m de largeur. Elle était précédée d’un dispositif d’entrée matérialisé par trois dalles implantées sur le côté sud-est, créant une sorte de seuil orienté à 140° (sud-est), orientation fréquente dans le mégalithisme pyrénéen.

Le dolmen de Bardaxilo — Bardaxilo trikuharria (Baztán, Navarre)

Une architecture remarquable : la porte perforée

L’étude architecturale du dolmen a mis en évidence la présence d’une porte perforée, qui séparait la chambre funéraire du couloir d’accès — un élément architectural relativement rare en Navarre. Ce système permettait probablement d’introduire les offrandes ou les dépouilles sans pénétrer directement dans la chambre, ou de maintenir une frontière symbolique entre le monde des vivants et celui des ancêtres.

Cette caractéristique rapproche Bardaxilo d’autres monuments navarrais présentant une typologie similaire, notamment :

  • les dolmens de Farangortea et de La Mina (Artajona)

  • l’hypogée de Longar

  • peut-être le dolmen de Charracadia (Cirauqui)

Vestiges d’un cromlech associé ?

Autour du dolmen, plusieurs dalles plus petites ont été retrouvées en périphérie. Trois d’entre elles — numérotées lors de l’étude 9, 10 et 11 — sont plantées verticalement et inclinées vers l’extérieur. Elles pourraient être les restes d’un petit cromlech, un cercle de pierres délimitant la zone sépulcrale, pratique attestée dans d’autres sépultures navarraises et basques.

Par ailleurs, plusieurs fragments de dalles dispersés sur le tumulus semblent provenir de la table de couverture, aujourd’hui effondrée. L’une d’elles mesure 2,70 m de long sur 1,20 m de large, suggérant une dalle de couverture monumentale.

État de conservation et absence de fouilles

Certaines des grandes dalles formant la chambre se sont légèrement inclinées vers l’intérieur, mais conservent leur implantation originelle. De nombreuses pierres plus petites, disposées verticalement et parallèles aux parois, correspondent sans doute aux éléments du tumulus ou de la structure de soutènement interne.

À ce jour, aucune fouille archéologique complète n’a été menée sur le dolmen de Bardaxilo. Cela signifie que son mobilier funéraire — s’il en reste — demeure encore enfoui, préservant un potentiel scientifique important pour l’étude des pratiques funéraires néolithiques dans les Pyrénées.

Un site à préserver et à redécouvrir

Moins connu que d’autres dolmens navarrais, Bardaxilo mérite une attention particulière. Son architecture raffinée, son intégration dans un paysage mégalithique d’exception et son potentiel archéologique en font un site de premier ordre. Sa découverte relativement récente, en 1972, rappelle que les montagnes du Baztán recèlent encore des traces du passé prêtes à être révélées.

Accessible au terme d’une randonnée sur les hauteurs du Baztán, le dolmen de Bardaxilo invite aujourd’hui les visiteurs à un voyage dans le temps, aux origines du peuplement sédentaire de ces montagnes frontalières entre Navarre et Pays basque.

Le dolmen de Bardaxilo — Bardaxilo trikuharria (Baztán, Navarre)

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