Le dolmen de Gasteynia, sentinelle de pierre à Mendive
Perdu dans les pâturages verdoyants de Mendive en Basse Navarre, le dolmen de Gaxteenia — parfois orthographié Gasteynia — est l’un des plus beaux témoignages du mégalithisme basque. Classé monument historique depuis le 29 septembre 1952, il veille silencieusement sur le paysage, vestige d’un temps où les hommes honoraient leurs morts au cœur de la montagne.
Le dolmen de Gaxteenia à Mendive
Un monument du Néolithique
Le dolmen de Gaxteenia appartient à la grande famille des dolmens dits ouest-pyrénéens. Sa chambre sépulcrale, légèrement trapézoïdale, mesure environ trois mètres de long pour un mètre quarante de large. Elle est formée de dalles dressées en grès blanc quarzeux, provenant des environs immédiats, et couverte d’une grande dalle de grès rouge, probablement rapportée depuis les hauteurs voisines d’Armiaga ou d’Urtxurri.
Le tumulus qui l’enveloppait autrefois a disparu, arasé au fil du temps par les labours et les pâturages. Aujourd’hui, la chambre funéraire apparaît à nu, posée dans l’herbe, exposée aux vents d’ouest et aux brumes du Pays basque.
Le dolmen de Gaxteenia à Mendive
Un témoin de la protohistoire basque
Daté de la fin du Néolithique ou du début de l’âge du Bronze, ce dolmen aurait servi de sépulture collective. Les dolmens de cette époque, fréquents sur les hauteurs d’Iraty ou de Mendive, étaient souvent des lieux rituels partagés par plusieurs communautés.
Les fouilles anciennes n’ont pas livré de restes spectaculaires, mais l’architecture elle-même raconte beaucoup : le soin apporté à la construction, le choix des pierres et leur agencement traduisent une connaissance fine du relief et une symbolique forte du passage entre la vie et la mort.
Le dolmen de Gaxteenia à Mendive
Pierres et légendes
Comme beaucoup de monuments préhistoriques basques, Gasteynia n’échappe pas aux légendes.
On raconte qu’une Mairi, géante mythologique, aurait transporté la lourde dalle rouge sur sa tête depuis la montagne. Ces êtres surnaturels, les Mairuak, sont souvent considérés comme les bâtisseurs des dolmens et des cromlechs, avant d’avoir disparu à l’arrivée des humains.
Cette imagerie populaire, mêlant sacré et merveilleux, a contribué à ancrer le dolmen dans la mémoire collective du Pays basque.
Mairi, géante mythologique, aurait transporté la lourde dalle rouge sur sa tête depuis la montagne
Un patrimoine à respecter
Situé sur un terrain privé, le dolmen de Gaxteenia reste visible depuis les chemins alentour. Il est recommandé de ne pas pénétrer sur la parcelle sans autorisation et de respecter ce site fragile, témoin de plus de quatre millénaires d’histoire.
Sa silhouette massive, posée sur l’herbe, continue d’inspirer respect et fascination — comme si les pierres, depuis toujours, gardaient la mémoire silencieuse des premiers habitants du pays.
Le dolmen de Gaxteenia à Mendive
🔹 Sources institutionnelles et patrimoniales
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Ministère de la Culture, Base Mérimée —
Dolmen de Gasteynia (PA00084447), Mendive (Pyrénées-Atlantiques),
Plateforme POP – Patrimoine culturel. -
Monumentum,
Dolmen de Gasteynia, fiche Monument historique, Mendive.
🔹 Sources universitaires et archéologiques
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Blot, Jacques,
Inventaire des monuments mégalithiques des Pyrénées occidentales,
Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA). -
Fonds Jacques Blot,
Collection patrimoniale numérisée, UPPA – photographies et notices du dolmen de Gasteynia. -
Hambucken, M.,
Les porteuses de pierres dans les traditions populaires du Pays basque,
Documents d’Archéologie et d’Histoire du Labourd et de l’Aquitaine, 2023. -
Marticorena, Pablo,
Rapports de fouilles archéologiques.
Documents scientifiques issus des opérations de terrain (dolmens, structures funéraires et habitats anciens), conservés dans les archives archéologiques régionales.
🔹 Sources historiques et culturelles basques
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Marticorena, Pablo,
La Navarre, une histoire,
Éditions Elkar. -
Barandiaran, José Miguel de,
Mythologie basque,
Éditions Elkar. -
Institut Culturel Basque (EKE),
Fonds iconographiques et notices sur les mégalithes de Basse-Navarre.
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